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Dimension culturelle des politiques extérieures de l’UE – de la déclaration politique à la pratique et au potentiel

Par Rod Fisher

Résumé exécutif

Ceci est la seconde partie d’un examen préliminaire dans le but de déterminer si les États membres sont suffisamment intéressés, et si les conditions préliminaires existent, pour développer une dimension culturelle cohérente dans les politiques extérieures de l’Union européenne. L’examen s’appuie sur une documentation initiale et sur une étude menée sur le web par la Fondation Boekman. Il a pour tâche de vérifier si les constatations raisonnablement encourageantes qui ont résulté de la première étude étaient vraies dans la pratique, en questionnant les parties prenantes dans six pays différents de l’UE, à savoir le Danemark, la France, la Lettonie, la Pologne, le Portugal et le Royaume-Uni.

Cette nouvelle étude appuie largement les conclusions du premier examen et fournit aussi quelques vues sur les attitudes à prendre et sur le potentiel existant, afin de donner une dimension culturelle aux politiques extérieures de l'Union européenne. Le consensus de cette dernière étude suggère qu’il n’existe pas d’évidente opposition significative à l’idée que l’UE pourrait avoir une composante culturelle dans ses relations avec le reste du monde ; en fait, l’évidence d’un réel soutien existe dans certains pays. Le soutien était parfois qualifié, il est vrai, mais il fallait s’y attendre. Il est également évident que le concept était une nouveauté pour un certain nombre d'interviewés, ce qui pourrait expliquer les doutes ou l'indifférence parfois rencontrés.

En se basant sur cette étude, des actions européennes sembleraient possibles dans la plupart des pays du monde, bien que les pays d'Europe centrale et de l’Est, les pays du pourtour méditerranéens et des pays d’Asie aient été particulièrement favorisés par les politiques européennes de voisinage. Il était frappant de constater que les priorités géographiques des États membres pour les relations culturelles coïncident avec les marchés en plein essor et favorables au commerce international, à savoir la Chine, l’Inde et, jusqu’à un certain point, le Brésil.

Il est révélateur que les interlocuteurs d’un seul pays étudié aient indiqué spécifiquement des secteurs culturels, à savoir la diffusion et la langue, qui devraient, selon eux, demeurer une prérogative nationale.

Il ressort aussi clairement de ce sondage que les pays sont plus ouverts à l’engagement culturel avec les autres pays de l’UE en ce qui concerne la transmission de leurs objectifs internationaux.

Si le cadre de la politique européenne doit être développé dans ce domaine, il devra suivre les principes suivants :

  • L’action de l’UE devrait compléter, et non pas concurrencer, les actions des États membres.
  • Les initiatives de l’UE devraient fournir une « valeur ajoutée ».
  • Tout en présentant le but unitaire de l’UE, les actions devraient refléter la riche diversité culturelle européenne.
  • Il ne faudrait pas y avoir d’hiérarchies liées à la population, à la taille, à la culture ou à la langue dans les actions menées par l’UE.
  • Il est nécessaire de développer les capacités des délégations de la Commission européenne pour leur fournir les compétences appropriées.
  • Toute politique a besoin d’être accompagnée de fonds.
  • Le rôle de l’UE devrait être principalement celui d’un facilitateur ou d’un initiateur, et non pas celui d’un organisateur d’actions culturelles.
  • Des mécanismes d’évaluation devraient être mis en place dans toutes les initiatives de l’UE.
  • Il est important que les États membres reconnaissent que l’objectif primaire des actions qui visent à promouvoir la culture dans le développement, est d’aider les populations locales à développer des marchés et autres, au profit de leurs propres produits culturels.
  • Un cadre politique pour le rôle culturel extérieur de l’UE doit être cohérent afin d’éviter les insuffisances actuelles des événements ad hoc.
  • Les États membres et les parties prenantes dans le secteur culturel devraient être entièrement engagés dans le processus d’élaboration d'une politique culturelle appropriée et d'une stratégie pour les relations extérieures de l'UE.

Les actions collectives et coordonnées pourraient avoir un impact avantageux sur la présence globale de l’UE dans au moins six domaines, à savoir :

  • Construire une coopération culturelle durable avec les pays hors de l’UE.
  • Renforcer la compréhension entre les populations par le dialogue interculturel.
  • Diffuser l’information et promouvoir la visibilité de l’UE et des États membres.
  • Promouvoir le commerce des industries culturelles de l’Europe.
  • Promouvoir l’expertise de l’Europe dans le patrimoine culturel et artistique.
  • Intégrer la culture dans le développement.

Pour terminer, l’étude suggère l’existence d’une volonté politique suffisante pour commanditer une recherche, plus détaillée, sur la nature et le développement d’une composante culturelle des politiques extérieures de l’Union européenne.

A Cultural Dimension to the EU's External Policies

Annex 1: Denmark

Annex 2: France

Annex 3: Latvia

Annex 4: Poland

Annex 5: Portugal

Annex 6: United Kingdom

Annex 7: EUNIC

Annex 8: Strategy on culture in the European development policy

Annex 9: Biographies

 
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