
Diane Dodd et Melle Lyklema, Boekmanstichting
Kathinka Dittrich van Weringh, European Cultural Foundation (Fondation européenne de la Culture) / LabforCulture
Cette étude a pour objectif de collecter et d’examiner les documents qui se rapportent à la politique de coopération culturelle extérieure de l'Union européenne et de ses Etats membres avec les pays tiers. L’étude a été menée pour évaluer le degré de soutien des Etats membres au renforcement de la composante culturelle et artistique dans les relations extérieures de l'Union européenne et dans sa politique extérieure.
L’examen de plusieurs centaines de documents, rapports et déclarations sur la politique, publiés sur des sites officiels, ainsi que d’autres études ont révélé une certaine ouverture d’esprit exprimée par les Etats membres pour coopérer à la politique culturelle extérieure, en particulier là où l’Europe pourrait soutenir et compléter les initiatives des Etats membres. Le soutien se voit bien dans les déclarations politiques des Etats membres, dans leur ratification du Traité de Maastricht et des avenants au traité (Traité d’Amsterdam). Ce dernier traité vise à favoriser la coopération entre les Etats membres, les pays tiers et les organisations internationales compétentes.[1]
L’étude identifie également l’évidence de la coopération entre les Etats membres et les pays tiers des régions politiques clés. Plusieurs initiatives démontrent clairement le soutien pour la coopération interculturelle et multiculturelle, par exemple la large participation des Etats membres aux activités de coopération interrégionales.[2]En outre, on dénote également, dans plusieurs cas, une ouverture pour continuer à construire sur ces activités intergouvernementales déjà existantes et qui s’inscrivent dans le cadre de la politique de l’Union européenne.
L’étude révèle que les priorités géographiques des Etats membres dans la politique culturelle extérieure se reflètent dans les priorités géographiques des programmes extérieurs actuels de l’UE qui détiennent une composante culturelle. Par exemple, il est clair que les relations de bon voisinage entre les Etats membres et les pays avoisinants ont une très grande priorité et qu’elles s’inscrivent dans la politique actuelle de l’Europe sur les relations avec les pays avoisinants. Le soutien ou l’introduction de plus d’éléments culturels et artistiques dans cette région sera probablement bien accueilli par les Etats membres.
Les similarités géographiques de la politique entre les Etats membres s’étendent au-delà du soutien aux pays limitrophes de l’Est et du Sud de l’UE. Tous les Etats membres, anciens et nouveaux, s’efforcent de maintenir un certain équilibre dans leurs relations avec la Russie et les Etats-Unis. Contradictoirement, l’UE n’a pas de relations culturelles explicites au-delà de certains programmes éducationnels.
Quelques larges puissances, autrefois colonialistes (exemple la France et le Royaume-Uni) maintiennent pour divers raisons, d’étroites relations avec leurs anciennes colonies en Afrique Subsaharienne, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient. Ces relations sont en corrélation directe avec les programmes APC et ASEAN de l’Union européenne et de ses membres.
Quelques plus petits Etats membres ont également des intérêts dans ces régions géographiques, par exemple les Pays-Bas en Indonésie, au Surinam et en Afrique du Sud et le Portugal dans quelques-unes de ses anciennes colonies. Plusieurs autres pays d’Europe, grands et petits, voient des opportunités de coopération dans des pays d’Extrême-Orient comme la Chine et l’Inde, en plus de leurs solides relations avec le Japon (basées surtout sur les opportunités commerciales). Même si les raisons de coopération sont diversifiées, on retrouve une similarité d’intérêts entre les Etats membres de l’UE, qui produira l’ouverture d’initiatives multilatérales.
Quelques Etats membres de l’UE ont des intérêts géographiques très particuliers qui se reflètent à peine dans les programmes actuels de l’Union européenne, comme l’intérêt que porte l’Espagne à l’Amérique latine et celui que porte la Lettonie à ses communautés émigrées dans plusieurs pays tiers.
L’étude n’a assurément pas identifié de conflits d’intérêts majeurs qui pourraient nuire à ou prévenir toutes futures actions coordonnées.
Trois objectifs clés
Trois objectifs clés de la politique culturelle extérieure qui serait coordonnée apparaissent dans l’étude :
Sécurité
L’Union européenne sera sans aucun doute soutenue par ses membres pour la coordination de sa politique culturelle extérieure, dont l’objectif est d’encourager le dialogue interculturel et de réduire les préjudices et l’intolérance qui risqueraient autrement de susciter des conflits. L’Union européenne peut donner l’image d’une force capable d'aider à développer la compréhension mutuelle et à résoudre les conflits.
Dans les politiques extérieures des Etats membres de l’UE, on discerne de nouvelles tendances qui suggèrent une approche bilatérale à la politique culturelle internationale, basée sur l’acceptation et les attitudes positives envers la nature multiculturelle des sociétés européennes et sur l’enrichissement artistique et/ou économique que peuvent apporter les immigrants.
Visibilité
L’Union européenne sera sans aucun doute soutenue par ses membres en incorporant dans sa politique extérieure des composantes culturelles qui projetteraient l’image forte et unifiée de pays qui coopèrent dans une ambiance positive de respect et de diversité culturelle. L’Union européenne sera alors perçue comme une entité positive et visionnaire au sein de la communauté mondiale.
Développement économique
L’union européenne sera sans aucun doute soutenue par ses membres en incorporant dans sa politique extérieure des composantes culturelles qui encourageraient les échanges culturels et économiques. L’Union européenne pourrait considérer à développer de plus larges marchés pour son énorme patrimoine culturel et ses industries culturelles, et à soutenir la coopération logistique qui profiterait à tous ses Etats membres.
Un des plus solides arguments en faveur de l’amélioration de la coordination et de la stimulation de l’action de l’EU se base sur la divergence qui existe entre les intérêts et les intentions largement partagés et les moyens disponibles pour les réaliser, étant donné les possibilités dont disposent les plus grands et les plus petits Etats membres de l’UE.
Nombreux sont ceux qui s’accordent à avancer que le défit majeur de l'Union européenne est celui de maintenir l'équilibre entre les intérêts et les capacités afin de partager une vision européenne à l’extérieur et, en même temps, de renforcer la cohérence européenne interne. Selon l'étude sur les politiques des Etats membres et les déclarations moins officielles qui se cachent derrière celles-ci, plusieurs « adeptes de l'Union européenne » semblent s’effaroucher à l’idée des conséquences d’une politique coordonnée, par crainte des impositions budgétaires et des critiques que susciterait un nouveau développement de « structures bureaucratiques ».
Recommandation pour une étude ultérieure
Une phase suivante d'étude est par conséquent proposée pour étudier la pratique sélectionnée et pour mener un « contrôle de réalité ». Les résultats de cette étude devront être testés par rapport à l’évidence des programmes réels, des engagements budgétaires et ainsi de suite. L’objectif visé serait de déterminer la mesure dans laquelle les politiques identifiées dans ce rapport sont suivies en réalité, de déterminer jusqu’où mène l’influence des débats nationaux sur le sujet et de déterminer le niveau de coopération qui existe déjà réellement. Des interviews avec les ministres et les acteurs clés de chaque pays permettraient d’analyser plus clairement la véracité des déclarations politiques faites par les Etats membres et la présence de soutien par des programmes affirmatifs. Il serait également utile de mesurer la réussite des actions culturelles multilatérales de coopération par rapport à celle des actions culturelles bilatérales.
Une étude ultérieure est aussi nécessaire pour déterminer le rôle que tiennent les organisations indépendantes, les organisations non gouvernementales et même les organisations du secteur privé dans la coopération multilatérale. Alors que les gouvernements constituent la principale autorité pour décider de oui ou non développer des politiques européennes coordonnées, certains signes de coopération possibles que l'Union européenne pourrait former, contribueraient à rendre plus attractive une future politique extérieure coordonnée (par exemple, le concept de créer des « partenariats » avec d’autres parties prenantes). Avant tout, l’étude étudiera les possibilités de principe « lean » (qui ne demande pas de grands investissements) pour réaliser les synergies, la coordination et les encouragements s’adressant à une action jointe.
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Comme les politiques culturelles sont soumises à d’incessants changements, LabforCulture Research Online (Recherche en ligne) a été mis au point pour compléter les observations publiées dans le livre en hébergeant et en rendant accessibles tous les documents et références des sites qui se rapportent à cette recherche. LabforCulture Research Online est régulièrement mis à jour depuis sa publication et permet aux utilisateurs de trouver les références les plus actualisées et de soumettre de nouvelles publications jusque fin décembre 2006.
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[1] European Union (1999), Selected instruments taken from the treaties, E-Doc Link: http://europa.eu.int/eur-lex/en/treaties/dat/treaties_en.pdfEurope
Book 1, Volume, 1 Page 219 gives the full extract of Article 151 relating to the cultural provisions of the EU.
Lien vers le traite d’Amsterdam (http://europa.eu.int/eur-lex/lex/fr/treaties/dat/11997D/htm/11997D.html), site de l’Union européenne
[2]Consulter l’analyse du profil des pays (Partie 3) et Annexe II
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Analysis of member state culture and external relations policies |
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Culture and the external relations and policies of the European Union |
Annex I
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Annex III - Culture and the external relations and policies of the EU |
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