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Les théoriciens de Victims’ Symptom

Sezgin Boynik (Kosovo) - Exploitation and reworking of trauma

Exploitation and reworking of trauma tente de démontrer la manière dont certaines scènes de l’art contemporain sont influencées par les événements traumatiques récents. De manière plus spécifique, certaines études de cas aborderont l’art contemporain produit au Kosovo et à Diyarbakir. Sezgin Boynik analysera et comparera les productions artistiques de ces deux régions afin de montrer comment certaines circonstances historiques joue un rôle sur la transformation des expériences traumatisantes. Il tentera également de mettre en évidence comment certains artistes du Kosovo, où le traumatisme appartient déjà relativement au passé, taisent les effets et les souvenirs de leurs expériences traumatisantes. Il applique les théories de Shoshana Felman afin d’analyser le jeune artiste Jakup Ferri, venant du Kosovo, et de comparer sa pratique avec celle de l’artiste et écrivain Sener Ozmen, originaire de Diyarbakir.

Sezgin Boynik a terminé ses études en 2003 à l’université de Mimar Sinan, département de sociologie, avec un mémoire sur l’Internationale situationniste. Il a co-édité le livre « Nationalism and Contemporary Art » avec Minna Henriksson, ainsi que « History of Punk and Underground Resources in Turkey 1978-1999 » avec Tolga Güldallý en 2007. Actuellement installé à Pristina, au Kosovo, il est chargé de cours à la faculté de philologie de l'université de Pristina.

Adila Laïdi-Hanieh (Palestine) - Regarding our pain: Memorializing the dead of the Intifada

Regarding our pain: Memorializing the dead of the Intifada consiste en une réflexion, un intitulé revisité de l’exposition artistique 100 Shaheed-100 Lives organisée par Adila Laidi-Hanieh en 2001 à Ramallah, qui traitait des 100 premiers civils tués par Israël au début de la seconde Intifada (2000-2005). Le texte explique tout ce qui se cache derrière l’exposition, sa démarche, son organisation, et les obstacles rencontrés, pour décrire ensuite sa réception.

Adila Laïdi-Hanieh enseigne l’histoire intellectuelle de l’arabe moderne et l’art palestinien à l’université de Bir Zeit. Elle est également auteur de publications sur les pratiques artistiques et culturelles. Elle a dirigé le centre culturel Khalil Sakakini à Ramallah depuis sa création en 1996 jusque 2005, où elle a entre autres organisé l’exposition itinérante 100 Shaheed-100 Lives en 2001. Elle a obtenu sa maîtrise en Sciences arabes à l’université de Georgetown, aux États-Unis, et a étudié la peinture avec Fahr el Nissa Zeid.

Geert Lovink (The Netherlands) - Blogging as therapy

Les blogues ont jusqu’à présent été avant tout définis comme étant une sorte de « journalisme du citoyen », présentant ainsi le blogueur comme un soi-disant journaliste dont le but premier est de faire partie de l’industrie de l’information. Ici, au lieu de se concentrer sur le média même, le principe du blogue est analysé en tant que tel pour sa capacité d’« outil d’autosuggestion ». Les blogues possèdent une manière unique de combiner le privé et le public : ils constituent en effet un outil de publication de masse de « subjectivités partagées », qui s’avère être l’instrument idéal pour ceux qui considèrent leur « mal-être » privé comme une affaire publique. Quand la thérapie devient un accord techno-social, qu’est-ce que cela signifie ?

Geert Lovink est théoricien des médias, critique de l’Internet et auteur de diverses publications, dont « Dark Fiber », « Uncanny Networks », « My First Recession » et « Zero Comments ». Il a travaillé sur plusieurs projets médiatiques en Europe de l’Est et en Inde, et a obtenu son doctorat à l’université de Melbourne, en Australie. En 2003, après sa thèse, il a travaillé comme chercheur pour le Centre for Critical and Cultural Studies à l’université de Queensland. Il est également co-fondateur de projets conjuguant des réunions, publications et débats en ligne tels que The Digital City, Nettime, Fibreculture, Incommunicado, MyCreativity et VideoVortex. En 2004, Lovink fonda l’Institute of Network Cultures au sein de l’Interactive Media School à la Haute École d’Amsterdam (HvA), et fut nommé Professeur Associé au département médias&culture de l’université d’Amsterdam (UvA). Vous pouvez consulter son blogue sur http://www.networkcultures.org/geert.

Stevan Vuković (Serbia) - Niemand zeugt für den Zeugen (le « paradoxe de Lévi », la représentation culturelle et politique des victimes et le problème du témoin secondaire, d’Auschwitz à Srebrenica)

Niemand zeugt für den Zeuge (le « paradoxe de Lévi », la représentation culturelle et politique des victimes et le problème du témoin secondaire, d’Auschwitz à Srebrenica) « Nous, survivants, ne sommes pas les vrais témoins », écrit Primo Lévi, un des rares survivants de l’Holocauste. Selon lui, les seules vraies victimes sont celles qui, contrairement aux survivants, ont « touché le fond », celles qui ont « vu une Gorgone » et qui « ne sont pas revenus pour nous le dire ou en sont revenus muets ». Ce qu’Agamben nomme « le paradoxe de Lévi » signifie que les survivants sont les seuls qui peuvent s’exprimer pour ceux qui, en tant que réelles victimes, ont été réduits au silence. Il existe aujourd’hui toute une nouvelle vague de discours théorique décrivant quelque chose comme une « humanité pure et pure impuissance » ou encore « corporéalité anonyme et mutisme ». Ceci est considéré comme étant l’essence unique de ce que nous, humains, sommes, en nous prétendant irreprésentables et en contextualisant chaque témoignage sur une victime pour montrer qu’il tombe dans le piège du problème du témoin secondaire. Ensuite, si, comme Christian Schneider l’écrit, « la position du témoin secondaire [est] celle de l’initié, du nouveau » et qu’elle est « sacerdotale, chamanistique », est-il également possible de garder les souvenirs des victimes dans quelque système de signes qui ait un lien avec le domaine politique et culturel ?

Stevan Vuković est diplômé de la faculté de philosophie à l’université de Belgrade. Il a poursuivi ses études à la Jan Van Eyck Akademie à Maastricht, aux Pays-Bas, et au Bauhaus Dessau en Allemagne. Il travaille actuellement sur sa thèse de doctorat à l’Académie des Beaux-Arts de l’université des arts à Belgrade. Il est chargé des cours sur l’art dans les lieux publics à la faculté des Beaux-Arts à Osijek (http://www.uaos.hr/), Croatie et à la faculté d’architecture à l’université de Belgrade (http://www.publicart-publicspace.org/). Il travaille également comme coordinateur pour les arts visuels au SKC Belgrade, rédacteur en chef pour les arts numériques à l'espace-projet O3ONE à Belgrade, ainsi que pour la culture au Forum, magazine de l'union des architectes de Serbie.


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