
Cette pièce, légèrement basée sur Vanishing Point, un autre projet du même auteur, l’artiste colombien Maurizio Arrango, présente une cartographie des victimes comme reportées dans plusieurs articles en ligne de sites internationaux. Elle consiste en une carte du monde affichant l’usage du mot « victime » dans les informations du monde entier. De cette manière, le spectateur découvre une carte faite par les victimes, et, peut-être, déterminée par leurs agresseurs.
Mauricio Arango est né en Colombie et travaille comme éducateur à New York. Son art a trait à la dynamique actuelle des médias, de la temporalité, du souvenir et de l’oubli. Son travail tente d’examiner les récits dominants et d’évaluer ce qu’ils dissimulent : la négligence vis-à-vis de la manière dont le monde est cartographié – et les frontières redessinées –, l’exclusion des minorités à cause de la partialité nationale, et l’élimination des périphéries à cause de « la construction de l’histoire ». Les œuvres d’Arango ont été exposées à plusieurs endroits, dont : Artists Space, New york ; Stills Gallery, Édimbourg, Écosse ; le Sydney Opera House, Sydney, Australie ; l’International Society for Electronic Art au San Jose Museum of Art, États-Unis ; le Museu de Arte de São Polo, Brésil ; la Biennale colombienne de l’Art électronique, Bogota, Colombie. Il a également reçu des bourses et des commandes de la part du Museu de Arte de São Polo (Brésil), de Forecast Public Artworks (Saint-Paul, États-Unis), du Minnesota State Arts Board (États-Unis), du Kulturfonds der Stadt Salzburg (Salzbourg, Autriche), et, entre autres, de Low-Fi Net Art Locator (Londres, Royaume-Uni). Il a récemment participé au prestigieux Independent Study Programme (un programme de promotion) du Whitney Museum of American Art de New York. http://www.mauricioarango.net/
Basé sur l’esthétique de l’artiste russe Olia Lialina, en particulier sur son œuvre intitulée « My Boyfriend Came Back from the War » (que l’on peut traduire par « Mon petit ami est revenu de la guerre »), WDWTW? (QFQAQ ? (Qui Fait Quoi A Qui ?)) est la prémisse qui servira de point de départ à un espace Internet rassemblant tout ce qu’on pourrait constituer avec les « histoires derrière l’histoire ». Il s’agit d’une interface qui demande aux utilisateurs, comme l’on procède avec les archives, quelle est leur histoire, afin d’en générer une autre version en temps réel, une version qui, peut-être, nous rapproche encore plus de ce que nous appelons la « réalité » ou nous laisse au beau milieu des tensions entre la conspiration et la paranoïa.
Alejandro Duque Possédant également des connaissances en vidéo, Alejandro Duque, artiste colombien, fut diplômé en 1998 à l’école des Beaux-Arts de Medellin en Colombie. Il poursuit actuellement un doctorat en philosophie de la communication à l’EGS (European Graduate School, http://www.egs.edu/) en Suisse. Sa thèse traite des différentes manières d’échanger clandestinement des idées entre divers réseaux, de « trafiquer » des concepts en entrecroisant les philosophies des communautés marginalisées et des sociétés occidentales.
Ce projet est basé sur les relations que nous entretenons avec les mauvaises nouvelles diffusées quotidiennement par les médias. Il développe, en trois phases, une courte série de questions destinées aux utilisateurs sur le genre de mauvaises nouvelles qui les influencent de quelque manière qu’elle soit (catastrophes naturelles, guerres, agressions animales, accidents de la route, morts, maladies…), ainsi que le type de nouvelles qui ne les affectent aucunement. Le deuxième niveau de questions consiste à inviter chaque utilisateur à trouver ses propres mauvaises nouvelles en fonction d’une échelle de fréquence sur le net, et de comparer leurs résultats avec d’autres. Cela entraîne en fin de compte une cyberthérapie interactive pour les utilisateurs. Ce type de thérapie nous fait prendre conscience des différentes relations que nous cultivons avec les médias, relations qui créent des traumatismes, les déclenchent ou encore les exploitent.
Andreja Kulunčić a étudié la sculpture et fut diplômée, en 1992, de la faculté des Arts appliqués et du Design à Belgrade, ex-Yougoslavie. De 1992 à 1994, elle a étudié à l’Académie hongroise des Beaux-Arts à Budapest sous la tutelle du Professeur Jovanovics Gyorgy. Elle vit actuellement à Zagreb, Croatie, où elle enseigne à l’Académie des Beaux-Arts. Elle a exposé, entre autres, à Documenta 11 et à Manifesta 2004. http://www.andreja.org
« Landscape 1995 » consiste en une méta-archive qui examine la situation stratégique et tactique sur les fronts et champs de bataille en Bosnie-Herzégovine à partir de 1992, et se concentre sur les derniers événements survenus autour de Srebrenica et de Zepa, déclarées zones de sécurité par les Nations Unies. Les documents produits par un éventail d’observateurs technologiques, d’avocats et d’analystes seront exploités dans une structure qui examinera la logique militaire menant au génocide, en recourant à une série d’outils et de systèmes relativement similaires aux processus observés. Le projet s’achèvera par deux excursions en Bosnie qui auront lieu début 2008. Celles-ci ont pour but de rassembler des documents et témoignages. Nous nous engagerons également à réaliser une campagne de sensibilisation dans les zones connues d’exécution et de sépultures autour de la ville de Srebrenica.
Marko Peljhan est fondateur de l’organisation artistique Projekt Atol et de sa branche technologique, PACT SYSTEMS, lancée en 1992 par la création d’un projet d’interfaces urbaines de navigation satellite en ligne, l’UCOG-144. En 1995, il co-fonda LJUDMILA (Ljubljana Digital Media Lab). En 1999, il créa Projekt Atol Flight Operations, branche organisationnelle des projets liés aux vols aériens et aérospatiaux. Depuis 1999, Peljhan occupe les fonctions de directeur de vol des vols artistico-scientifiques paraboliques au centre de formation des cosmonautes Youri Gagarine à Moscou et au centre de recherche multidisciplinaire sur la microgravité (MIR – Microgravity Interdisciplinary Research Consortium) qui réunit des artistes et des scientifiques afin de travailler dans le domaine aérospatial de manière intégrante. De 2001 à 2004, il a travaillé au Conseil stratégique sur la société de l’information du Gouvernement slovène en tant que représentant des ONGs pour le développement des technologies et nouveaux médias. Il représente également l’un des artistes conceptuels contemporains slovènes les plus acclamés qui travaille au carrefour entre médias, technologies et arts. En 2006, l’Année polaire internationale a entrepris, dans la continuation du projet Makrolab, une nouvelle initiative : I-TASC (Interpolar Transnational Art Science Constellation). Le travail de Peljhan a été présenté lors d’expositions internationales majeures, comme la Documenta X (Cassel, Allemagne), la deuxième biennale de Johannesburg (Afrique du Sud), Ars Electronica (Linz, Autriche), Media City (Séoul, Corée), la biennale Gwangju (Corée), Manifesta, la biennale de Venise (Italie), l’ISEA (International Symposium of Electronic Art), le DEAF (Dutch Electronic Art Festival, Rotterdam, Pays-Bas), Transmediale (Berlin, Allemagne) et bien d’autres. Parmi les différentes récompenses pour son travail, il a obtenu le prix Medienkunst au ZKM (Karlsruhe, Allemagne) en 2000, le Golden Nica en 2001 avec Carsten Nicolai pour leur projet Polar, le prix UNESCO pour l’Art numérique pour Makrolab en 2004, et, pour le même projet, le prix de la fondation Preseren en 2007.
Cette œuvre rassemble dix photographies de l’artiste Martha Rosler : House Beautiful, 1967-72, utilise la technique du collage, technique de prédilection des surréalistes et, plus tard, des pop artistes. Le point central de Rosler n’est pas, cependant, l’inconscient, l’ironique ni le formel. Réalisés alors que l’engagement dans l’armée américaine pour le Vietnam était à son comble et que Rosler se défaisait peu à peu de ses activités pacifistes, ces photographies représentent une réponse aux « frustrations que nous donnaient les images renvoyées par la télévision et la presse, même les dépliants et posters anti-guerre » ressenties par l’artiste. « Les images que nous voyions nous semblaient toujours lointaines, là où l’on n’arrivait pas à s’imaginer » (tiré du catalogue d’essais de Laura Cottingham, octobre 1991, NYC). Composés avec les pages du magazine Life, dans lequel les comptes-rendus dévoilant des corps explosés, des morts infantiles et des visages angoissés étaient publiés au milieu des publicités pour matelas et des photos montrant des cuisines sophistiquées, des gazons soigneusement entretenus et des salons art-déco, les montages de Rosler réunissent deux aspects de l’expérience humaine : la guerre du Vietnam et les salons américains, indûment séparés.
Le travail de Martha Rosler, centré autour de la vie quotidienne et de la sphère publique, évoque fréquemment l’expérience d’une femme. Les problèmes qu’elle aborde de manière récurrente sont les médias et la guerre, ainsi que l’architecture et l’environnement bâti, allant du logement et des sans-abri aux moyens de transport. Ses œuvres ont été exposées à la biennale de Venise en 2003, à la biennale de Liverpool et à la biennale de Taipei en 2004, ainsi que lors de présentations internationales majeures, dont l’exposition Documenta à Cassel, en Allemagne, et plusieurs biennales du Whitney Museum of American Art. De nombreuses expositions ont également été consacrées à ses œuvres. Une rétrospective de son travail, intitulée « Positions in the Life World » (1998-2000) a été exposée dans cinq villes européennes et, au cours de la même période, à l’International Centre of Photography et au New Museum of Contemporary Art (tous les deux à New York). Son exposition solo « London Garage Sale » s’est tenu à l’Institute of Contemporary Arts à Londres en juin 2005, et revisitait une série d’expositions remontant à 1973 centrées sur les vide-greniers américains. E-flux a sponsorisé la « Martha Rosler Library » qui a publié plus de 7 500 volumes de sa collection privée, disponibles au public depuis novembre 2005. La collection a ensuite voyagé jusqu’au Frankfurter Kunstverein en Allemagne et au Muhka (musée d’art contemporain) à Anvers en conjonction avec NICC, un espace géré par des artistes. Elle travaille également en tant que conseillère occasionnelle pour le département de l’Éducation au Whitney Museum of American Art et au Museum of Modern Art, ainsi qu’au Buell Center pour l’étude de l’architecture américaine à l’Université de Columbia, et au Centre for Urban Pedagogy (tous situés à New York).
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