
« L’État national n’existe pas » me dit mon ami du Sud, avec qui je suis toujours en train de partager le soleil sur mes marches.
« L’État national ne se soucie pas de toi. Il n’est qu’une construction romantique vieille de quelques centaines d’années, visant à séparer les Italiens des Français, les Norvégiens des Suédois. »
S’il existe une certaine tension entre la région de l’Arctique et la région centrale, c’est à propos de l’histoire et de la perception de la région du Nord comme étant un projet de collaboration entre les États nationaux. Il a été difficile pour bon nombre de personnes vivant dans les régions du Nord de se construire une identité nationale. Les populations ont été forcées d’adopter un idéal – pur et national – qui ne correspondait pas à toutes les cultures. Aucun des pays nordiques ne se reconnaissent comme étant des colonialistes vis-à-vis de la région same.
L’expression « pays nordiques » date des années 1950 et se base sur les concepts de communauté, de liens de collaboration pacifique, d’une histoire commune et de similitudes culturelles et politiques. Dans plusieurs pays nordiques, la vie culturelle semble être confrontée à des structures plus contrôlées par la politique, ce qui fait que les artistes semblent perdre davantage de pouvoir de définition. Les pays nordiques ont récemment fermé certaines de leurs institutions et organisations artistiques. Le NIFCA (Nordic Institute for Contemporary Art) étaient l’une d’entre elles. Il fonctionnait bien et s’attelait à contextualiser les questions « nordiques » et à collaborer sur divers sujets dans tous les pays nordiques. Un large montant de l’argent épargné grâce à la fermeture d’institutions servira à soutenir le développement des Jeux nordiques. Le reste sera investi dans des programmes artistiques. Une de ces approches sera peut-être similaire au système européen.
Un des problèmes que l’on rencontre avec les institutions, néanmoins, réside en l’idée selon laquelle « plus elles sont grandes, mieux c’est ». Et un des problèmes rencontrés avec les programmes réside en ce qu’ils semblent mieux convenir à ceux qui possèdent déjà un financement stable. Je pense que, de manière générale, la coopération entre les pays nordiques semble être un bienfait, car elle possède son propre système et ses propres subventions provenant des États nationaux, et, ainsi, elle ne repose sur aucune politique d’un seul État, mais de plusieurs qui peuvent travailler conjointement sur des intérêts communs.
| http://fr.wikipedia.org/wiki/Pays_nordiques Après la Seconde Guerre mondiale, les Suédois produisaient des cartes postales portant la mention « pour la Norvège » et les envoyaient aux Norvégiens afin de célébrer la liberté de la Norvège. Les montagnes étaient porteuses de liberté ; les fjords miroitaient la paix. |
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L’artiste norvégien Geir Tore Holm déclare : « D’un point de vue same, la région nordique est ambivalente, car elle constitue ce dont nous faisons absolument partie, mais, en même temps, les pays nordiques représentent les colonialistes ».
« Quoi qu’il en soit, je considère la démocratie sociale des pays nordiques comme étant une contribution importante au monde, même si l’idéologie qui promeut la similarité a eu un impact négatif sur les minorités. Peut-on également considérer la culture Sápmi, ou « les Sames », comme une contribution, autant pour ses valeurs que pour la problématique qu’elle soulève dans le Nord ? »
(Le concept de « Sápmi » se réfère à la « nation », le pays des Sames. Le peuple same déclarent être un peuple réparti dans quatre pays. Ils n’ont jamais souhaité un État national, mais ils luttent pour contrôler de manière autonome la terre et l’eau, par exemple.)
« C’est mon point de vue d’“autochtone et étranger” qui a constitué ma force motrice en tant qu’artiste, à plusieurs de niveaux. Il est bien de posséder un point de référence nordique : le froid est derrière soi si l’on regarde vers le Sud. Et si on se libère des contraintes ethniques et d’autres fardeaux, cela donne quelque chose de léger – un peu ironique. Ne s’agit-il pas tout simplement d’y percevoir l’usage ? »
L’artiste Geir Tore Holm et sa partenaire Søssa Jørgensen passent leurs étés à l’école de Sørfinnset à travailler sur un projet d’art social qui traite d’écologie. Ce projet implique la population locale de Sørfinnset ainsi que les artistes nordiques et internationaux. Intitulé the nord land, il consiste en un projet de collaboration avec la land foundation en Thaïlande.
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