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« The Catalyst » (« Le catalyseur ») est une pièce de théâtre inspirée d’un événement qui s’est déroulé dans un village aux environs de la frontière nordique en septembre 2006. C’est l’artiste Yvette Brackman, qui vit à Copenhague, qui a créé l’événement après avoir visité le village lors de l’un des projets de Pikene på Broen.
De retour chez elle, elle a contacté une société de design internationale dans le Sud (les chaussures Camper). Le scripte est tiré de l’atelier où le styliste de Camper est venu travailler dans le Nord avec les artisans locaux du village, dans un but commun et la bonne intention de développer un produit commun. L’histoire offre un aperçu des négociations entre l’économie locale et mondiale, des défis et difficultés auxquels la société est confrontée, dus aux différentes politiques, et des tensions entre les locaux, très attachés à leurs racines et leurs droits.
En se référant à cette expérience, l’artiste a créé « The Catalyst » sous forme de performance et d’installation inspirée des méthodes utilisées par Brecht dans ses « pièces didactiques ». Tous les acteurs relatent différents événements de l’histoire. Lorsque chacun d’entre eux raconte son point de vue sur un épisode particulier, les autres jouent la scène décrite. La pièce est jouée trois fois au cours de l’exposition, et sa version finale est l’accumulation des représentations, suivi par une enquête menée dans le public contenant les commentaires et suggestions qui ont été incorporés à la pièce par la suite. L’exposition offrait de la documentation sur les trois versions l’une après l’autre, afin que le public puisse comparer les changements opérés.
Yvette Brackman déclare : « Je me demande souvent qu’est-ce qui m’a poussée vers le Nord et cette région frontalière. »
« Généralement, les milieux ne m’intéressent pas. J’ai toujours été attirée par les extrêmes, là où les choses se rencontrent, ce qu’il arrive quand les choses sont forcées de se définir elles-mêmes à cause des différences, et la manière dont les gens qui vivent aux frontières sont en quelques sortes toujours conscients du fait que ces définitions sont exagérées et inébranlables lorsque l’identité est menacée, et pourtant si fluide et à multiples facettes lorsqu’on se relâche un peu.
Je suis tellement ambivalente sur la manière dont je parle de mon intérêt pour l’identité, parce que je ne veux pas réifier ces expériences. Mes parents ont quitté la Russie pour l’Amérique au début des années 1960. En Russie, ils n’étaient pas considérés comme étant russes, mais juifs, même si leurs familles vivaient là depuis plusieurs générations. Je pense que c’est là clé de mon intérêt pour les frontières et les cultures des minorités indigènes. Je sais que le lien n’est pas évident, mais c’est la relation entre l’identité nationale dominante et l’identité de la minorité, ainsi que la manière dont tout est négocié, légiféré et réalisé. Je perçois la région de Barents comme renfermant peut-être la clé pour apprendre comment développer une approche éthique de la culture et du développement.