
La capitale burkinabè vient d'enregistrer l'ouverture d'une école de danse, l'EDIT le 19 octobre dernier. Après le centre de développement chorégraphique La termitière en 2006, le secteur de la danse peut être fier de ce nouvel apport en espace de travail et d'apprentissage. Cependant ce qui saute aux yeux de curieux de la scène culturel, c'est pourquoi une autre structure à un moment où le premier, le CDC est confronté à des difficultés de fonctionnement, notamment en termes de financement.
l'école de danse - EDIT , au dire de son initiatrice, la célèbre chorégraphe Irène Tassembédo, se positionne comme un lieu de formation, où le jeune africain, de 17 à 25 ans viendra se former physiquement mais aussi intellectuellement à la pratique de la danse, pour danser son pays, son continent et le monde.
C'est dit ! l'école de danse se destine à la formation dans le cadre d'un monitorat de danse, c'est-à-dire mettre sur le marché des compétences réelles, en s'adressant à des jeunes asirants à une carrière artistique en danse.
Le premier constat est que après l'expérience de MUDRA AFRIQUE il y a de cela 32 ans, c'est la première tentative de doter l'espace de l'Afrique francophone notamment, d'un cursus complet de formation artistique et plus particulièrement de danse. La chose est d'autant plus atypique que dans de nombreux pays justement, les écoles artistiques ne sont pas la chose la plus visible, ni la plus évidente malgré une vie artistique et culturelle présente et même dynamique dans certains pays comme le Burkina Faso. Mais nous pouvons être d'accord que qualité artistique ne rime pas avec professionalisme artistique.
Dans ce pays précisément, l'Etat et le secteur privé travaillent à doter le paysage culturel d'outils institutionnels et d'infrastructures pour son organisation et sa structuration comme un secteur porteur et créateur de richesses ou de valeurs. Force est cependant de reconnaître le volet formation et éducation artistique est un des maillons faibles de cet édifice. aucune discipline artistique n'est enseignée dans les écoles publiques du Burkina, ni au collège et lycée. L'Université de Ouagadougou a créé depuis peu une filière Arts, Gestion et Administrration culturelles à la suite du Département Arts et Communication. Sans être en possession d'une étude formelle sur les retombées de cette inititative, nous sommes à même d'affirmer que le pourcentage d'artistes formés dans cette filière ne vaut guère 1% du total. Il s'est agit de mettre sur le marché de l'emploi plus de journalistes, de communicateurs et de gestionnaires des affaires culturelles. Ce qui n'est pas étonnant si on sait que rien n'est fait à la base, niveau primaire ou secondaire pour susciter des vocations artistiques.
Le deuxième constat est que toutes ces initiatives ne permettent pas de visualiser les métiers artistiques comme des carrières professionnelles à part entière.
C'est à ce niveau que l'EDIT aura son mot à dire et devra jouer sa partition, non pas de façon isolée mais en concertation avec toutes les autres expériences développées au Burkina Faso mais ailleurs en Afrique. Il s'agit de définir quel curricula, quels les référentiels pour une formation de l'artiste africain? L'EDIT devra aussi répondre à la question du pourquoi une formation artistique en Afrique. la réponse peut être évidente pour les amateurs d'arts, les hommes de culture, les artistes eux-mêmes, mais pas du tout pour le commun des mortels.
C'est là tout l'enjeu de la formation artistique en Afrique et ma conviction est qu'une vraie réflexion doit se mettre en oeuvre pour répondre à ces questions et engager les actions.
LabforCulture is a partner initiative of the European Cultural Foundation. LabforCulture is grateful for the support provided by its funders.